"La tentative est très, très laborieuse parce que sur les 30 jours de traversée que je viens d'effectuer, j'ai eu à peu près 10 jours de vent, des conditions météo assez incroyables pour l'Atlantique Nord", a-t-elle souligné.

Selon la navigatrice de Douarnenez, 40 ans, un très gros anti-cyclone sur toute la région Amérique "empêche le flux habituel d'ouest de circuler" au point que "même les météorologues y perdent leur latin".

La traversée était prévue pour une durée de 5 à 6 semaines. Jusqu'à la fin juillet.

"J'avoue que je n'ai aucun pronostic pour l'arrivée. Si le vent arrivait aujourd'hui et restait bien régulier, ça pourrait s'effectuer très rapidement", résume-t-elle.

"Je commencerai à m'inquiéter quand il ne me restera plus qu'une semaine de vivres et que je verrai que je suis encore très, très loin", souligne Anne Quéméré, qui ne cache pas être affectée moralement par les conditions météo imprévues, "seul facteur contre lequel on ne peut absolument rien faire".

Cette traversée, en solitaire et sans assistance, constituerait une première mondiale pour l'oceankite, un prototype de 5,50 m de long sur 2,15 m de large tracté par une aile à la façon d'un cerf-volant pilotable, similaire à ceux utilisés dans la pratique du kitesurf.

La navigatrice, qui a déjà à son actif deux traversées de l'Atlantique à l'aviron, est partie le 18 juin à 15h17 locales (19h17 GMT) d'Ambrose Light, le phare au large de New York.

© 2006 AFP