Windsurf: Jason Polakow : haut vol à Tahiti
Par tOm, mardi 19 septembre 2006 :: Windsurf :: #50 :: rss
Jason Polakow vit, pense et respire windsurf depuis son plus jeune âge. À 35 ans, il ne s'arrête jamais, il s'est même attaqué à Teahupoo. Attention, adrénaline pure.
PHIL ERICKSON/RED BULL
" Aucune drogue au monde ne peut procurer des émotions équivalentes à celles que l'on ressent lors d'une seule session de glisse. Si vous vous demandez si ça vaut un éventuel passage à l'hôpital, vous vous posez la mauvaise question. La peur et l'engagement fonctionnent main dans la main. L'un se nourrit de l'autre. Il n'y a rien de meilleur que de se mettre en danger et d'en sortir indemne. " Cette profession de foi radicale, Jason Polakow l'applique depuis son sixième anniversaire. Depuis que ses parents, Wendy et Nick, lui ont offert sa première minimoto. Trente ans après ses premières montées d'adrénaline, " Jas " est toujours en quête.
Le motocross avant le windsurf
Talent précoce, il aurait pu se lasser. À 7 ans, il était déjà champion d'Australie de motocross. Un encouragement pour ce casse-cou, une source d'inquiétude pour son père et sa mère. Au point qu'ils le privèrent une année de son obsédant goût du risque pour tenter de l'orienter vers des sports plus doux. Mais, décidément, le cricket, même pour un citoyen de sa gracieuse majesté, c'est le comble de l'ennui quand on a la passion de la glisse. À Torquay, l'un des hauts lieux du surf sur l'île continent, le petit Jason, alors âgé de 10 ans, trouve sa toison d'or. " J'adore le windsurf, explique-t-il à l'époque. Ça ressemble au motocross avec ses figures et ses sauts. "
Une étoile est née. Moins familière du grand public français qu'un Robbie Naish ou qu'un Björn Dunkerbeck, mais son style est inimitable. Après avoir tout gagné (deux titres de champions du monde), après avoir battu ses amis Robbie et Björn, c'est la recherche du spot ultime, du geste parfait qui le préoccupe plus que tout aujourd'hui. Ses arrières étant assurés avec sa ligne de planches, d'accessoires et de vêtement JP Australia, alors autant en profiter.

Dans les mâchoires de Teahupoo
C'est dans cet esprit qu'il a débarqué à Tahiti, en septembre 2005. Il fallait bien qu'il se frotte un jour à cette fameuse vague dont on parle tant. Teahupoo, la plus étonnante découverte de ces dix dernières années, sur laquelle Laird Hamilton a écrit l'une des nombreuses pages de sa légende, le jardin du regretté Malik Joyeux. Mais, ce qui se pratique difficilement en surf est parfois inaccessible en windsurf. Au creux de la vague, le vent chute. Si l'on ne réussit pas à garder une vitesse constante, on peut se retrouver pris au piège, victime d'un brutal coup de frein à main. Avec l'âge, la prudence vient. C'est sous le haut patronage de Robert Teriitehau que Jason a affronté la " Tueuse ".
" C'est juste un Dieu, ici, lâche-t-il. Il jouit d'un immense respect au sein de la communauté des surfeurs. " Pas besoin, donc, d'une autorisation tamponnée par les locaux pour attaquer Teahupoo avec une planche à voile. Mais quelques notions à retenir. " Le timing est crucial, explique " Jas ". La vague peut être plate et large à un moment puis, la seconde suivante, se refermer sur elle-même, formant un tube comme je n'en avais jamais vu. La plus petite erreur de placement peut être fatale. Mais, si l'on trouve le bon rouleau et qu'on est dans le tempo, on peut envoyer des sauts énormes. Bien plus impressionnants qu'à Hookipa (La Mecque du windsurf à Hawaï). " Après avoir observé Robert, Jason a dompté le monstre, évidemment.
Stéphane Méjanès ( Freesport )











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