Voile: Troisième semaine pour Maud.
Par tOm, lundi 6 novembre 2006 :: Voile :: #107 :: rss
Maud Fontenoy navigue désormais dans l'Océan atlantique, en route vers le Cap Horn, le deuxième point symbolique sur le tracé de son défi à Contre courants. La navigatrice est partie il y a trois semaines de la Réunion. Elle a laissé derrière elle Madagascar puis le Cap de Bonne Espérance, l'Afrique et l'Océan indien.

Un sur trois pour Maud Fontenoy. Il était 18 h 15 en temps universel, mardi dernier, lorsque la navigatrice a passé le premier des trois caps qui jalonnent son tour du monde contre les vents et les courants, une boucle entamée à la Réunion le 15 octobre dernier qui se terminera sur cette même île.
Le Cap de Bonne Espérance : Un objectif qui aura donné du fil à retordre à L'Oréal et à son skipper. Lundi, alors qu'elle approchait de la pointe de l'Afrique, Maud Fontenoy devait se débattre dans 50 Noeuds de vent, des creux de 10 mètres ; impossible dans ces conditions de livrer à son équipe le Journal de bord qu'elle donne quotidiennement. Le lendemain, récit de l'approche du Cap des Tempêtes, le surnom de Bonne Espérance. L'Oréal tape contre les vagues de face. J'encaisse. Rien de tout cela n'était prévu. Nous gitons énormément. Submergée par les flots qui balayent le pont, je prends un ris en vitesse, il pleut à verse. De l'eau me coule dans le dos, je suis gelée.
Lors de la vacation radio hebdomadaire qui a lieu tous les jeudis, Maud confiera que le passage du Cap de Bonne Espérance ne restera pas comme un bon souvenir. Mais la navigatrice positive. C'est une expérience qui m'a renforcée. Aujourd'hui, je suis dans l'Océan atlantique, c'est comme si on me laissait une chance pour aller vers le Cap Horn. La tempête, les grains, les vagues qui inondent le bateau. Puis le ciel redevient clément. Maud fait l'état des lieux, de son corps, de son bateau.
Sa main gauche est très douloureuse. Une blessure héritée d'une manoeuvre au large de la pointe sud de l'Afrique. Au moment de virer, l'écoute de trinquette s'est coincée. La tension était énorme, explique le skipper de L'Oréal. J'ai alors décidé d'affaler la voile. En quelques secondes, le vent devenu fou a fait battre les écoutes qui m'ont frappée les mains et l'avant-bras. Tremblante de peur, j'ai alors constaté que mon pouce de la main gauche ne répondait plus. Il est devenu bleu, la douleur me lançait. Mais finalement, plus de peur que de mal. Maud pose une attelle et un bandage. Elle peut continuer à faire ses manoeuvres, réparer son éolienne qui a souffert dans les difficultés de Bonne Espérance.
Après, le Cap, le répit météo lui permet également de se laver, de se soigner. Son pied va mieux. L'harmonie avec la nature reprend le dessus, compense les moments pénibles. Maud s'est fait un ami qu'elle a baptisé Sacha. C'est un albatros qui suit son bateau, un rien aristocrate, le porté noble, la tête haute. Il se veut notre escorte dans ces mers australes et hostiles, raconte la jeune femme. Ce bateau exceptionnel, ce retour à l'essentiel que permet la mer sont formidables. Je suis entourée par une immense et fabuleuse voûte. Avec les animaux marins il y a un contact sans domination. Cet accord avec la nature et la valorisation de l'effort me permettent d'avoir du plaisir. Maud savait qu'il y aurait des moments difficiles, elle les surmonte et se replonge dans les instants gratifiants. C'est reparti!, explique-t-elle en route vers le Cap Horn, avant de livrer une carte postale magique de ce qui l'entoure et qui rend ce défi à Contre courants fabuleux : Pour venir clore ma journée de remise en forme, le soleil s'est couché en faisant éclater autour de lui mille couleurs acidulées. Avant qu'il ne disparaisse, j'ai cru le voir me faire un clin oeil ; la mer s'est instantanément habillée de rouge et je suis restée éblouie, renforcée d'une énergie nouvelle.
Source: Newsletter Maud Fontenoy








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