Windsurf: Björn Dunkerbeck : " Les 50 noeuds n'ont jamais été aussi proches"
Par tOm, mardi 14 novembre 2006 :: Windsurf :: #130 :: rss
La tentative de record de vitesse à la voile se poursuit à Walvis Bay (Namibie). Bjorn Dun-kerbeck, 35 fois champion du monde de windsurf et le Français Manu Taub, déjà deux fois recordman du monde de vitesse en kitesurf, livrent leurs impressions sur ce défi qui pourrait entrer dans la légende des sports de voile.

La barre mythique des 50 noeuds (92,6 km/h) en voile sera-t-elle franchie bientôt ?
Bjorn Dunkerbeck : Les 50 noeuds n'ont jamais été aussi proches. Beaucoup de records sont tombés récemment. De plus en plus de coureurs ont l'expérience suffisante. Bien sûr cela dépend surtout des conditions. C'est comme si l'on avait une Ferrari capable d'atteindre 300 km/h : il faut la portion de circuit adéquate pour exploiter la totalité de ses chevaux.
Manu Taub : Il est possible que cela arrive prochainement. On n'est plus du tout dans le domaine de l'inaccessible lorsque l'on parle de 50 noeuds. En kitesurf, on commence à peine à comprendre l'étendue de notre potentiel. Les performances actuelles permettent d'envisager ce genre de vitesse sérieusement. Les entrainements le confirment.
Qu'y a-t-il de particulier ici en Namibie ?
B.D. : Le vent est régulier. Il vient de l'océan. Pour moi, c'est le meilleur spot en mer ou-verte. Le plan d'eau est plat et rapide. J'y ai ma meilleure performance personnelle.
M.T.: D'habitude, un vent qui vient de terre - il doit toujours l'être pour avoir un plan d'eau lisse et prendre de la vitesse - est très perturbé par le relief. Ici, le banc de sable est plat. Le vent passe sur des salins. Rien ne vient perturber sa route. De plus, l'eau stagne à 16-18°. Le désert du Namib, à proximité, chauffe à 50°. Le renforcement thermique est important. On a donc un vent fort et régulier, sans rafale, ce qui est exceptionnel. Récemment, on a trouvé un spot avec un angle idéal près de Walvis Bay. Dans notre quête de vitesse, c'est le paramètre déterminant. Nous attendons les conditions pour exploiter l'endroit.

Kitesurf, windsurf, quel oeil portez-vous sur vos rivaux?
B.D. : Les kiters progressent vite. Ils gagnent en expérience et peuvent aller dans très peu d'eau. Ils ont la particularité d'utiliser une très grande surface de voilure en comparaison avec leurs petites planches.
M.T. : Ce sont deux supports fonctionnant très différemment mais partageant la même dis-cipline. Le windsurf a beaucoup d'expérience. De nombreux enseignements sont à tirer de son parcours. C'est une source d'inspiration et de comparaison. Courir contre de grands champions tels que Bjorn Dunkerbeck, partager cet esprit qui unit les fans de vitesse sur l'eau, est une chance. Cela participe activement à notre évolution. En quelques saisons le kitesurf a quasiment comblé l'écart. Dans certaines conditions nous sommes, semble-t-il, plus efficaces. Mais le chemin reste encore long. __ Ces grandes vitesses sur l'eau, dans des conditions de navigation extrême, sont elles plus du domaine du plaisir ou de la peur !?__
B.D. : Un peu des deux, j'imagine !
M.T. : C'est certainement un compromis !
Quelles sont les caractéristiques d'un bon coureur de vitesse ?
B.D. : Il faut être à l'aise dans toutes sortes de conditions, avoir beaucoup d'heures de pra-tique et d'expérience et connaître parfaitement son matériel. Avoir un grand gabarit est un avantage.
M.T. : L'expérience est déterminante. Il faut de la mise au point, des qualités d'athlète, de compétiteur. Sans compter les talents de communiquant et de commercial pour intéresser les partenaires et marques sans le support desquels aucune performance n'existerait.
Extrait de l'article Freesport, au complet ici












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