Trente cinq à quarante Noeuds de vent en début de semaine. Puis 50 à 60 quelques jours plus tard ; des creux de 7 mètres. C'est dans ce décor que Maud Fontenoy a évolué sur la route qui la mène au Cap Horn. Récit d'heures compliquées à la barre de L'Oréal Paris : Au fur et à mesure que le vent forcissait, je réduisais la toile. Finalement frigorifiée, je me suis enfermée à l'intérieur pour attendre. Entre deux larmes, inquiète, je regardais à travers le hublot les déferlantes recouvrir le pont de L'Oréal, priant pour qu'elles ne couchent pas trop le bateau.

Maud évolue dans un brouillard à couper au couteau, elle dort par tranches d'un quart d'heure. Il n’y a pas d’alternative, il faut réduire la toile, dans ces cas là on est trempée, frigorifiée. Lorsque j'ai trop froid je rentre à l'intérieur du bateau. Neuf degrés dans la cabine, neuf degrés dans l'eau et pas de chauffage à bord... J'avais décidé de construire un bateau écologique et comme je n'ai pas trouvé de solution de ce type pour le chauffage, j'ai préfé! ré ; ne pas en mettre à bord, explique Maud. Ca cogne, ça tape, ça secoue et ça dure, dure encore... ' Respire par le nez, souffle par la bouche, fais quelques exercices de yoga' me prescrit Maman. En effet à ce stade il n'y a plus que ça à faire pour tenir, raconte la navigatrice. A quoi pense-t-on dans ces cas là ? Déjà j'avais peur et puis je me disais que ce serait sûrement moins difficile à deux, qu'on ne connaît pas son bonheur sur Terre quand rien ne vous met réellement en danger. J'avais envie d'être protégée par quatre murs, recroquevillée dans un canapé, un thé chaud dans les mains.



La force du vent, la colère des flots n'absout en rien l'émerveillement. La fin de semaine est plus clémente, et des dauphins pointent leur nez devant la proue du monocoque pour jouer avec ce visiteur vêtu de rouge, ils me communiquent leur sourire, je sens mon corps se réchauffer. Le soleil teint d'argent la crête des vagues. Les flots ronronnent sous la coque comme un chat en manque de tendresse. Puis une surprise : Je suis perdue dans mes pensées quand tout d'un coup je vois… Un papillon, couleur or, venir tout naturellement se poser sur un winch. Ca m'en coupe le souffle. A peine le temps de l'admirer que l'insecte, charrié loin des côtes par les vents d'ouest, s'envole à nouveau.



Maud s'attend à croiser de nouvelles tempêtes dans les jours à venir. L'une d'elle devrait accompagner son passage du Cap Horn. Mais alors qu'elle exprimait sa crainte de franchir le deuxième point symbolique situé sur la carte du parcours de son défi A contre courants, Maud a maintenant hâte de passer dans l'océan Pacifique. Cap au Sud toute !

Source: communiqué de presse