Rame Guyane: Jo Le Guen tourne en rond
Par tOm, dimanche 17 décembre 2006 :: General :: #222 :: rss
Positionnée sur la trajectoire théorique des skippers participant à Rames Guyane, une immense boucle de courants tourne dans le sens des aiguilles d’une montre autour d’un centre inactif de quelques 500 KM de large pour 200 d’épaisseur. Au nord du système et donc coincé au milieu de forts courants contraires, Jo Le Guen ne progresse plus, entraîné malgré lui sur une route aléatoire et très peu productive.

Cela fait maintenant près d’une semaine qu’en accord avec son routeur, Romain Vergé, actuel leader de la course, navigue selon une stratégie d’attaque simple et précise. En arrivant sur la partie nord de la boucle, le skipper sud breton s’est vite rendu à l’évidence : un fort courant contraire poussait son bateau dans le sens inverse de la trajectoire souhaitée et, malgré tous ses efforts, impossible de progresser vers le but.
Il a donc été décidé de traverser du nord au sud les quelques 200 km que constitue le centre inactif de la boucle dans le but de rejoindre au plus vite les courants favorables orientés d’est en ouest dans la partie sud de cette boucle et la manœuvre est en passe de réussir puisque ce matin, le bateau jaune de Romain repartait cap à l’ouest.
Coincé au nord du phénomène et donc prisonnier de forts courants orientés d’ouest en est, Jo Le Guen ne progresse plus et semble dériver en suivant une route improbable, d’abord propulsé plein nord et à vitesse lente pendant une bonne quinzaine d’heures, puis curieusement aspiré vers l’ouest pendant une petite demie journée alors que le système porte à l’est, et redescendant maintenant vers le sud à si faible cadence qu’à terre, il était même envisagé de déclencher les secours.
Mais joint en début de nuit dernière par ses proches, Jo précisait que tout allez bien à bord, si ce n’est que depuis bientôt 3 jours, son bateau tournait en rond sans gagner vers le but à tel point qu’il venait d’abandonner à Patrick Favre une place de second pourtant chèrement acquise après plus de 30 jours d’un combat acharné tout autant qu’exténuant. Une petite centaine de kilomètres au nord de la position de Le Guen, Patrick Favre ne semble en effet pas encore tombé dans le piège et, tout heureux, il explique sa brillante seconde place autant par les ennuis de Jo que par l’incroyable bagarre qu’il se livre depuis quelques jours avec un valeureux compagnon de route « Ces derniers jours, ce n’est pas tant vers l’avant que je porte mon attention mais bien vers ce increvable Tardiveau qui me suit à la trace et que j’ai le plus grand mal à décrocher.
Il y a une semaine, j’avais plus de 20 milles d’avance sur lui, puis il a commencé à revenir sur moi et j’ai du doubler ma ration d’aviron pour le garder à distance. Mais, malgré tous mes efforts, le bougre est arrivé si près de moi qu’une nuit, on aurait presque pu se voir, ce qui aurait été formidable. Piqué au vif, j’ai alors décidé de produire une énorme journée aux avirons pour l’attaquer au moral et tenter de l’achever définitivement. Et il semble que j’ai réussi mon coup car ce matin, il y a 24 milles entre lui et moi ce qui est nettement plus confortable ». Tout à l’arrière de la boucle Christophe Henry, qui suit attentivement les problèmes des leaders empêtrés dans les courants contraires, a décidé de contourner la difficulté et il plonge vers le sud dans l’espoir de rejoindre au plus vite la partie favorable et portante du système. « J’ai le moral au beau fixe. D’abord, il ne fait plus très chaud et j’ai même profité d’une petite pluie pour tenter un champoing. Ensuite, le vent est agréable et souffle dans la bonne direction. Enfin, je m’en tiens à la stratégie adoptée avec ma routeuse pour ne pas tomber dans le piège des contre-courants et il semble que nous soyons maintenant en bonne position pour rejoindre sans encombre une latitude comprise entre 3 et 4° nord.
Si ça marche, c’est génial car cela nous ouvre toutes grandes les portes du tapis roulant qui nous mènera à vive allure vers le Paradis. Mais comme je ne veux surtout pas être déçu, j’essaie de me persuader que ça ne marchera peut-être pas et que je ne toucherai alors les côtes de la Guyane qu’autour du 10 janvier prochain… ce qui me laisse de la marge. »
Classement :
- 1er : Romain Vergé PARRAINER UN ENFANT
- 2ème : Patrick Favre SIMULFI.COM
- 3ème : Jo Le Guen L’HOMME OU LE MARCHE











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