Rame Guyane: Ocean morne vallée
Par tOm, lundi 18 décembre 2006 :: General :: #224 :: rss
Toujours englués dans les courants contraires, les skippers de Rames Guyane s’épuisent aux avirons pour un bien maigre résultat. Au sud de la flotte, Romain Vergé s’en sort assez bien avec près de 50 milles au compteur mais derrière lui, c’est la désolation et le moral est en berne.

Prenons l’exemple d’un ballon de rugby orienté nord-ouest /sud-est tout autour duquel tourne un fleuve de courant épais d’une centaine de kilomètres.
Les bords plats du ballon se situent entre 2 et 6° de latitude nord alors que les 2 pointes de cet ovale sont compris entre 29 et 37° de longitude ouest. A l’intérieur du ballon, le courant est nul ou presque et actuellement, seul Romain Vergé a réussi à s’extraire des courants contraires pour se glisser dans l’ovale. Cap au sud-ouest, le leader de la course conforte donc son avance à la faveur d’un léger vent de nord-est et, même s’il s’acharne toujours plus aux avirons, le skipper du bateau jaune a au moins la satisfaction de savoir que chaque coup de rame le rapproche du but.
Derrière, tous n’ont pas cette chance : Philippe Soetaert : « Pétôle ! Rien ! Le vent tombe de plus en plus et on se demande bien ce que l’on fait là ! Et encore, j’ai l’impression qu’avec Jean Pierre Lacroix, on n’est pas les plus malheureux car on arrive à progresser légèrement vers le sud ce qui n’est pas le cas général. Mais tout de même, 10 milles en 24 heures pour près de10 heures passées aux avirons, ça fait beaucoup de boulot pour pas grand chose. En plus, j’ai toujours aussi mal aux côtelettes et ce n’est pas facile de ramer. Mais la Faculté m’explique que le temps joue en ma faveur et je n’ai donc plus qu’à espérer des jours meilleurs. Le pire c’est que, même avec cette calmasse, on n’est jamais à l’abri d’un mauvais coup. Hier, en pleine pétôle, une énorme déferlante venue de nul part m’est tombée dessus alors que je ramais paisiblement avec mes panneaux ouverts. Le bateau s’est couché et l’eau a commencé à envahir l’intérieur. Quelques secondes de plus et c’était cuit. Ouf ! Plus de peur que de mal, mais il faut vraiment faire gaffe. »
Jean François Tardiveau : « Comme convenu avec mes routeurs, j’essaie maintenant de plonger vers le sud pour sortir au plus vite de l’influence de ces foutus courants contraires. Mais ce n’est pas facile. Hier, j’ai continué à ramer jusqu’à 2 heures du matin puis, voyant que je progressais normalement au bon cap, je suis allé tranquillement me coucher. Mais au réveil, nous avions dérivé de plusieurs milles vers le nord si bien que depuis ce matin, je rame pour revenir à ma position d’hier soir. A ce train là, on n’est pas sorti du problème. En plus, il y a de plus en plus d’anatifes sous la coque et, si je ne carène pas au moins tous les 4 jours, ce sont de véritable hydro freins qui se développent et engraissent tranquillement sous mon bateau, ce qui n’arrange pas mes affaires. Jean Pierre Lacroix : « Bizarre, bizarre ces conditions de navigation. On avance puis on recule au gré des veines de courant. Quand on va dans le bon sens encore, y a pas à se plaindre. Mais quand on recule, ça fiche un coup au moral. Alors, je m’accroche tant que je peux aux avirons mais c’est épuisant, surtout pour ne gagner que 11 milles en 24 heures. En fait, j’ai toujours Philippe Soetaert en ligne de mire et j’ai décidé que, pour défendre au mieux les couleurs de la Guyane, je ne pouvais pas terminer moins bien que cinquième au général. Il y a donc encore du pain sur la planche. »
Sophie Macé : « Je suis perplexe. Comme je suis encore assez nord par rapport aux autres, j’ai la chance d’être toujours poussée par un bon vent de nord est d’au moins 12 à 15 nœuds ce qui explique mes 30 milles en 24 H et ma belle place de 5ème. Mais je suis consciente du fait qu’il va bien falloir que je me décide à plonger vers le sud. Seulement, quand je m’imagine les 100 km de courants contraires qui m’attendent, j’avoue ne pas être pressée de me jeter dans la gueule du loup. »
Didier Le Moine : « A part les anatifes qui poussent sur ma carène comme marguerites au printemps, tout va bien à bord. Le temps est beau et calme comme en Baie de Quiberon et la vie est facile. Mais quand je vois les problèmes de ceux qui sont devant moi, j’ai de quoi me faire du soucis. Il me faut donc maintenant choisir entre plonger plein sud, bâbord amure, pour essayer de passer au sud du ballon de rugby, soit passer par le nord du système avec le risque de me retrouver au Venezuela. Avec mon routeur, un peu de gamberge qui nous attend. »
Classement :
- 1er : Romain Vergé – Parrainez un enfant
- 2ème : Patrick Favre – Simulfi.com
- 3ème : Jo Le Guen - L’Homme ou le Marché
Source: Communiqué de presse.











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