25 décembre. Maud Fontenoy passe Noël loin de Meaux, sa ville natale ; à l'autre bout du monde, dans le Pacifique Sud. Pour autant, le skipper de L'Oréal Paris ne coupera pas à la tradition, même sans sapin décoré dans la cabine de son monocoque. Pour Noël, j'ai du mal à conceptualiser, racontait maud lors de sa dernière vacation radio jeudi. Il y a des cadeaux à bord et je me ferai un bon repas. J'aurai sûrement un petit pincement au coeur de savoir que c'est un moment festif où tout le monde se retrouve. Je me sentirai sûrement un peu seule. Maud a disposé ses cadeaux de Noël dans l'une des couchettes de son bateau. Des présents qui lui ont été remis juste avant son départ par ses proches, ça sent les fleurs séchées et le parfum de maman, explique la navigatrice qui veut voir dans ce jour la promesse de l'année 2007 qui marquera son retour vers la Réunion.

Avant de retrouver le bleu du ciel de l'ile promise, Maud et L'Oréal Paris progressent sous un ciel gris qui ne veut pas s'éclaircir. Dès que je lève la tête pour regarder le paysage qui m'entoure, une nouvelle déferlante remplit le cockpit et submerge la barre. J'ai l'impression d'être en apnée depuis le passage du Cap Horn. Sous ce ciel couleur béton, Maud réapprend la simplicité de la nature, cette communion qu'elle est partie chercher si loin, le besoin du bleu et du soleil. Je ne me suis jamais rendue compte à quel point c'est la lumière qui donne vie aux couleurs. Depuis de longues semaines, nous vivons L'Oréal et moi dans un monde en noir et blanc. Debout à la barre, je scrute l'horizon sans ciller, bien décidée à me pas laisser passer l'éclaircie.