Je m'apprête à passer la nouvelle année dans quelque chose que j'aime bien puisque je suis en train de réaliser mon rêve. J'ai une bouteille de champagne à bord. Je vais la sabrer sur la proue de L'Oréal Paris le matin du premier janvier. Je pense à ma famille, je sais qu'ils vont se régaler de foie gras et autres mets. J'en ai l'eau à la bouche. Voilà le programme qu'imaginais Maud Fontenoy pour le réveillon du 31 décembre à quelques jours du passage de 2006 à 2007. Une semaine avant de célébrer la nouvelle année, la navigatrice avait passé Noël au grand large, au sud du Pacifique où elle poursuit la route qui doit la mener vers la Réunion.

Le soleil, denrée rare dans un paysage uniformément gris depuis le passage du Cap Horn. Les couleurs varient peu dans le sud du Pacifique mais Maud Fontenoy ne s'attendait pas à trouver autre chose. Calfeutrée dans deux polaires,trois paires de chaussettes et des couvertures, Maud raconte la sratégie qu'elle a adoptée, remontant plus au nord pour éviter des Icebergs de 100 mètres de long et 20 mètres de haut qu'annonçait la marine chilienne. Il fait toujours aussi froid mais comme je suis plus au nord, l'eau se réchauffe. Elle est à 7 ou 8 degrés. J'espère que je ne retrouverai pas de glace en descendant vers la Nouvelle Zélande et l'Australie. Pendant quelques jours, les dépressions ont été moins oppressantes, le vent moins fort. Mais la fatigue accumulée dans le tunnel de tempêtes traversé ces dernières semaines s'est fait sentir. Le skipper a donc tenté de récupérer au mieux. Mais dès le début du week-end L'Oréal Paris a du faire face à nouveau à plus 30 Noeuds de vents, à une mer formée. Rien de meilleur au programme pour les premiers jours de 2007.

Nos seuls maîtres sont devenus le vent et les vagues. Le temps passe doucement sans horloge ni précipitation. Obéissante, résignée peut-être, je ne compte plus ni le nombre de minutes que je mets à faire une manoeuvre, ni les heures que je passe dehors dans le froid, qu'il fasse nuit ou jour. L'océan a effacé toutes nos habitudes, chaque jour c'est à son rythme que nous progressons, appréciant une existence sans superflu, au plus près de la nature, avec un regard sûrement plus honnête sur ses propres qualités et défauts. Ici, avec le recul et malgr&eac! ute; mes souffrances, je me sens curieusement apaisée.

Source: communiqué de presse