Maude Fontenoy change de date
Par tOm, vendredi 12 janvier 2007 :: Voile :: #286 :: rss
Après bientôt trois mois en mer, Maud Fontenoy enchaîne les passages symboliques. Cette semaine, elle est passée sous la barre des 10 000 milles théoriques restant à parcourir et a franchi l’antéméridien, qui marque le changement de date, avant de contourner la pointe sud de la Nouvelle-Zélande le week-end prochain.

« C’est anecdotique mais amusant, maintenant, les longitudes vont décroître jusqu’à la Réunion , reconnaît Maud Fontenoy à l’évocation du passage de l’antéméridien au cours de sa vacation hebdomadaire avec son PC Presse, installé au Musée National de la Marine, à Paris. Même si j’ai déjà passé la mi-parcours et maintenant l’antéméridien, je ne me sens pas encore sur le retour. J’aurai ce sentiment lorsque j’entrerai dans l’Océan Indien. Quant à la barre des 10 000 milles, c’est vraiment théorique, car avec les zigzags, il en reste sûrement plus ! »
Depuis des semaines, la traversée du Pacifique est ponctuée par le passage de dépressions plus ou moins fortes. Le week-end dernier, la jeune navigatrice et son L’Oréal Paris ont subi l’une des plus fortes tempêtes de leur périple. « Il y a eu 70 nœuds de vent et des creux de 9 mètres. Puis le vent est resté pendant des jours entre 45 et 50 nœuds de vent. Les tempêtes paraissent toujours interminables. Celle-là a duré une éternité ! Les heures paraissaient des jours et les jours paraissaient des semaines. J’ai eu terriblement peur, terriblement mal. J’ai crié de désespoir. Je me suis sentie toute petite et très vulnérable. Dans 70 nœuds de vent, la nature vous montre qu’elle est plus forte que vous. Dans ces moments-là, on se rencontre également de l’énergie colossale qu’on a à l’intérieur de nous. »
En guise de récompense, une fois la tempête passée, le ciel s’est déchiré et a permis à Maud de revoir le soleil, qu’elle n’avait plus vu depuis début décembre avant de contourner le Cap Horn. « C’était extraordinaire de revoir la lumière, le soleil et le bleu du ciel ou de la mer. J’ai retrouvé la vie, redécouvert la beauté autour de moi. C’était une sacrée sensation. Cela m’a redonné des forces. » Mais dans les 40es Rugissant, le ciel ne reste pas longtemps découvert. Maud Fontenoy a replongé dans le pays de l’ombre, en attendant la prochaine éclaircie.









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