Voile:Presque 100 jours de mer pour Maud Fontenoy
Par Team Vagueo, dimanche 21 janvier 2007 :: Voile :: #296 :: rss
99è jour de mer, ce lundi, pour Maud Fontenoy. Après avoir passé la Nouvelle Zélande, la navigatrice touche désormais les côtes de l’Australie. Avec l’objectif de franchir le Cap Leeuwin à la fin du mois de janvier. Maud et L’Oréal Paris, qui sont partis le 15 octobre dernier de la Réunion, enchaînent les tempêtes et rêvent de soleil pour boucler ce défi à Contre courant.

La semaine s'est finie comme elle a commencé pour Maud Fontenoy, dans des vents forts qui agressent le bateau. Depuis qu'elle a passé le Cap Horn, la météo n'a pas été clémente avec la navigatrice, entraînée dans un bal de tempêtes qui ne veut pas finir. " Mais j'ai choisi, j'ai signé à Contre Courants. Fallait pas signer le contrat avant de partir ! ", expliquait Maud avec le sourire lors de la dernière vacation radio qu'elle a donné jeudi. Le passage de la Nouvelle Zélande et les jours qui l'ont suivi n'ont pas été simples à négocier. A cause des hauts fonds qui caractérisent le sud de ce pays, Maud a du naviguer le moins au nord possible. Conséquence, elle est allée au plus près de la dépression et des vents violents - une soixantaine de noeuds - qui n'ont pas épargné L'Oréal Paris. " Ca a engendré pas mal de soucis sur le bateau, notamment au niveau des chariots de ma grand-voile, les pièces qui relient la voile au mât. Ils ont été brisés sous la violence des chocs ", raconte la navigatrice. Plus inquiétant, l'eau qui s'infiltre dans le bateau, " une dizaine de seaux écopés en une seule journée " ; la faute à une fuite sur le ballast tribord du bateau.
Pour colmater, Maud a remis ses habits de bricoleuse. De la résine époxy, des renforts en fibre de verre et la situation redevenait acceptable. " Par chance, la fissure donne, non pas sur les 5000 mètres de profondeur en dessous de moi, mais sur le ballast tribord ! C'est donc ce dernier qui se vide dans le fond du bateau, ce n'est pas très sympa mais c'est tout de même plus rassurant que si c'était la mer (mais ça fait quand même 3000 litres) " , décrit Maud. Rien d'anormal pour Gilles Vatton. " Tu viens de passer plusieurs semaines dans des zones où les courses restent généralement quelques jours. Le bateau est très sollicité ", a expliqué l'architecte de L'Oréal Paris au skipper lors de sa vacation radio jeudi dernier. Maud sent pour autant que des liens particuliers se tissent avec ce compagnon taillé pour couper les vagues qui tapent dans sa coque plutôt que de s’offrir à la glisse. Conditions qui accompagnent toute aventure à contre sens. " Je parle à mon bateau, sans doute parce que je n'ai personne d'autre à qui je peux m'adresser. Je l'encourage quand ça fonctionne bien à bord. On discute pas mal tous les deux. C’est un bateau avec qui je suis en train de vivre une aventure très forte. "
Le marin et sa monture continuent donc leur route en faisant le dos rond. " Le ciel devient fantôme, son souffle froid hurlant dans les haubans me donne la chair de poule. Je serre fort la barre, L'ORÉAL comprend mon anxiété et il redouble de prudence. Je cligne des yeux pour y voir un peu mieux, mais rien à faire, tout reste opaque. J'ai l'impression de disparaître, de devenir invisible. J'enfonce mes pieds dans le pont, me fais la plus lourde possible, la respiration du ciel se rapproche. Je sens son haleine glacée sur ma nuque. Je ferme les yeux ", raconte Maud. " Je m'accroche mais j'ai vraiment hâte de passer dans des mers avec moins de dépressions. " Ce sera sans doute après le Cap Leeuwin, peut-être même avant. Maud espère bien franchir ce point d'ici la fin du mois. Il s'agira du dernier des trois caps sur la route de son défi A Contre courants. Son passage marquera l'entrée dans l'indien bien plus " pacifique " que l’Océan qui porte ce nom.
Source: Communiqué de presse








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