« Je suis un peu fatiguée. J’ai atteint les limites de mon petit corps qui en a marre et qui est un peu usé » confie t-elle d’emblée à la vacation de ce jeudi. La semaine dernière, la navigatrice a payé le prix fort son passage entre la pointe de la Nouvelle-Zélande et la Tasmanie. Dans cette énième tempête, elle a du réparer une brèche dans son ballast qui menaçait de déverser ses trois tonnes d’eau à l’avant du bateau, et se résoudre à de multiples ascensions dans le mât pour réparer ses chariots de grand-voile cassés. Résultat : une tendinite à chaque bras. « J’ai mes forces qui s’amenuisent, la météo ne m’a pas laissé de répit ».

Mais Maud Fontenoy reste convaincue de la supériorité de l’esprit sur le corps et surmonte chaque coup dur grâce à une méthode pleine de bon sens, qui consiste à penser « qu’il y a bien un moment où ça va s’arrêter ». « Je n’aime pas trop quand c’est mon corps qui commande. Je préfère quand c’est ma tête. Mon cerveau ordonne à mon corps de faire des choses. Je sais qu’il va râler mais je pense au moment où ça ira mieux. Il y a toujours un moment où l’on peut se reposer.» Ces moments difficiles, la navigatrice tente de les exorciser en se remémorant des blagues de Coluche, quand ils ne sont pas radoucis par la contemplation de la nature, comme la vision fugace d’un ciel étoilé.

Et puis il y a aussi cette jubilation à repousser ses propres limites, à aller jusqu’au bout de la mission que l’on s’est imposée : « Ce que je vous raconte n’est pas toujours idyllique mais c’est aussi pour moi une façon de valoriser le goût de l’effort. J’en bave un peu mais ça me force à sortir de moi. Tout ça est une question de volonté, pas de gros bras. » Progressant à 7 noeuds sous les côtes de l’Australie – à la hauteur de Melbourne- la navigatrice a les yeux rivés et l’esprit tendu vers son nouvel objectif : le Cap Leeuwin. Situé à la pointe sud-ouest de l’Australie, il est le troisième grand cap que franchissent tous les circumnavigateurs. Pour Maud, ce sera la porte de sortie, celle d’une navigation dans des latitudes moins hostiles de l’Océan Indien, cap à l’ouest, en route vers son point de départ et d’arrivée, l’Ile de la Réunion.

« Le 1 er février, à la prochaine vacation, j’espère avoir passé le cap, ou en tout cas, être sur le point de le passer. Quant à mon arrivée, j’aimerai parfois que ce soit demain, mais j’imagine que ce sera pour la fin du mois de février ».

Source: communiqué de presse