Crédit photo:J.C. L'espagnol.

La discussion est technique entre Jean-Luc Van Den Heede, l’ancien propriétaire de L’Oréal Paris, et Maud Fontenoy. VDH distille ses conseils et racontent qu’il a déjà navigué dans la configuration actuelle de Maud, c’est-à-dire avec la bôme en guise de mât. Mais c’était en France, le long de la côte, juste pour tester l’efficacité de ce gréement de fortune. Aujourd’hui, Maud Fontenoy le teste grandeur nature, au milieu de l’Océan Indien. Le système imaginé par VDH semble déjà fonctionner, alors qu’elle n’a pas encore pu envoyer sa “mini“ grand-voile. « Je vais essayer de hisser la grand-voile avant la nuit, expliquait Maud par liaison satellite. Aujourd’hui, je suis très fatiguée. Ce doit être le contrecoup de tout le travail des derniers jours et du choc du démâtage. Pour l’instant, j’avance toujours entre 3 et 4 noeuds grâce à la trinquette. Il y a 25 noeuds de vent mollissant.

Je n’ai pas bien dormi la nuit dernière. Le bateau roule beaucoup, et puis ça grince. Je suis évidemment inquiète que ça me retombe dessus. » VDH et Parlier la rassurent. « Ne sois pas trop stressée, dit le premier, c’est un gréement de fortune qui tient. » « Courage, on est derrière toi » ajoute Yves Parlier, surnommé le Robinson des mers pour avoir réparé son mât cassé lors du Vendée Globe 2000, puis avoir bouclé son tour du monde en mangeant des algues et en buvant l’eau de pluie. Pour ne pas finir son aventure solitaire comme Parlier, Maud va se rationner aussi bien en eau qu’en nourriture. « Il me reste 50 litres d’eau, ce qui est peu. Je vais faire attention, et aussi essayer de pêcher. »

Après ces quatre jours d’interruption, de galères hors du temps, la vie reprend donc son cours à bord de L’Oréal Paris, en route vers l’Ile de la Réunion.