Calme plat. NOUS N'AVANCONS PLUS ! Après une semaine mouvementée, Maud Fontenoy et sa monture sont scotchés dans un anticyclone, en plein milieu de l'Océan indien, quelque part entre l'Australie et la Réunion. Pas de vent à l'horizon et une poignée de milles parcourus par jour. Avantages et inconvénients d'une situation nouvelle : Maud peut se reposer et apprivoiser son bateau réparé, avec son nouveau mât. Mais malheureusement, le temps s'allonge, l'avitaillement (en eau principalement) s'amenuise, explique la jeune femme. Ces longues heures, jours, d'attente me font l'effet d'une punition. Je me sens comme 'enfermée dehors' sous la pluie.

Mercredi, Maud a réussi une mission qui n'était pas gagnée d'avance. Le skipper a mis sur pied le gréement de fortune qui lui permet de poursuivre son Défi à Contre Courant. Opération en 4 étapes : d'abord nettoyer le pont des débris, des morceaux de mât et de carbone, des bouts de voile, résidus du démâtage du monocoque. Puis dégager la bôme de L'Oréal Paris, coincée sur le flan tribord de son bateau en imaginant des trésors d'astuces, Maud a même ut! ilis&eac ute; du shampoing pour la faire coulisser. Enfin, mettre cette barre de carbone d'une centaine de kilos, de près de 11 mètres, à la verticale. Pendant les 4 jours qu'aura duré l'ouvrage, Maud aura été en contact permanent avec son équipe à Terre et avec Jean-Luc Van Den Heede, l'ancien propriétaire du bateau. Le marin avait d'ailleurs prévu le cas de figure qu'a connu la navigatrice. La bôme de L'Oréal Paris était adaptable en mât de fortune. Cela grâce à un vît-de-mulet spécifique. Par chance, la pièce était bien à bord.

Après la déception et le retour aux affaires déterminé, c'est donc la satisfaction qui rayonnait dans la voix de Maud Fontenoy lors d'une vacation radio mercredi dernier. Je vais super bien, je suis très contente de ce qui m'arrive sur le bateau ! Il a fallu beaucoup réfléchir pour tout. 1 000 fois je me suis arrêtée en me disant que je n 'y arriverai pas. J'ai mis dix heures à fixer la bôme en ayant la crainte qu'elle me retombe dessus. Après 4 mois de mer en solo, Maud a repris contact avec les Hommes dans une configuration étonnante... Alors qu'elle répare son bateau, un porte-conteneurs allemand se détourne sur demande de la Marine australienne, en contact permanent avec la Marine française. Le cargo rejoint donc L'Oréal Paris. Rencontre surréaliste entre un monocoque blessé et un immeuble de conteneurs de plus de 200 mètres de long. Maud refusera d'abandonner sa monture et après une nuit passée sur place, le cargo allemand reprend sa route. Dans le même temps, un bateau affrété par le groupe L'Oréal, en lien avec sa filiale australienne, fait route de Perth vers la navigatrice. Mais la météo complique sa tâche et le retar! de. Maud repart, le bateau doit faire demi-tour. C'est donc sans assistance que la jeune femme a repris sa route.

Désormais se pose la question des réserves, d'eau, de fioul, de vêtements propres ou de nourriture. Je vais même rationner le dentifrice, explique Maud qui va sortir ses lignes et pêcher, mon prochain défi, dit la navigatrice. La jeune femme, qui, dans le premier journal de bord qu'elle a pu livrer après son accident a remercié tout ceux qui lui ont témoigné leur affection : en une semaine près de 1500 messages de soutien ont été déposés sur son site internet.