« Je savais qu’en approchant de la fin du parcours, j’aurais des conditions plus clémentes. Après des mois à subir dépressions sur dépressions, je me réjouissais d’avance de meilleures conditions où je pourrais envoyer toute la toile et faire parler la vitesse de mon L’Oréal Paris. Maintenant, avec seulement un tiers de mât, ce n’est pas facile de faire avancer le bateau lorsqu’il n’y a pas beaucoup de vent. »

Maud Fontenoy doit rester philosophe. Le sort s’obstine à lui mettre des bâtons dans les roues. Le dernier a le mérite de ne pas être dangereux. Au contraire, l’anticyclone qui lui a barré la route cette semaine a permis à la navigatrice de bien se reposer. Mais la faible progression réalisée depuis la mise en place de son gréement de fortune ne peut rassurer la jeune navigatrice. « C’est dur psychologiquement de savoir qu’on est si proche et d’avancer aussi lentement, a-t-elle constaté. J’essaye de le prendre avec le sourire. Aujourd’hui, le vent est un peu revenu. Je passe mon temps à manoeuvrer, à changer les réglages pour avancer du mieux possible. Mais je ne progresse qu’à 3 noeuds ! »

A ce rythme, il faudrait encore quatre semaines à Maud Fontenoy pour rejoindre la Réunion, distante de 2300 milles. La réserve de vivres à bord pourrait alors poser problème. « Côté nourriture, j’ai encore beaucoup de lyophilisé, mais je vais quand même essayer de pêcher ce week-end. Le problème risque de venir de l’eau, car la température monte. Il va falloir qu’il pleuve et que je trouve un système pour récupérer l’eau. » Son aventure maritime est décidément semée d’embûches…