Aujourd'hui, la chanson devient une course et le rêve de son auteur devient une réalité pour les navigateurs : près de trois semaines de jours et de nuits, d’existences solitaires extra terrestres, de grand large et de sillages limpides. D’horizons à dévorer en allant au bout de soi. Dans quatre jours.

Mais qu'est-ce qui les fait courir ? La régate bien sur, l’adrénaline et l’ivresse de la compétition. Pas seulement. Les trois femmes et vingt-quatre hommes de ce Trophée BPE Belle-Ile-en-Mer - Marie-Galante qui partent dimanche pour plus ou moins vingt jours de course font déjà montre de ce supplément d’âme qui distingue les aventuriers du commun des mortels et du régatier du dimanche. Ils vont chercher autre chose. Ce on ne sait quoi d’indéfinissable. Tous veulent leur dose d’aventure, d’émotions... Mais qu’on ne vienne pas leur dire pour autant qu’ils ne sont pas là pour gagner. " Moi je suis un amateur éclairé par rapport aux pros, mais je pars toujours avec un moral de vainqueur ", assume Antonio Pedro Da Cruz ("Baïko"), qui s'apprête à traverser l'Atlantique pour la 35e fois ! " Forcément, les Eric Drouglazet, Gildas Morvan et autres Charles Caudrelier vont être très forts. Reste qu'il y a une grosse homogénéité de la flotte. Le niveau se resserre mais le moindre petit plus devient essentiel et peut faire une grande différence à l’arrivée. C’est une transat et elle peut nous réserver bien des surprises " lâche Gildas Mahé. De surprise attendue il en est justement régulièrement question au sujet du skipper du Comptoir Immobilier. Même s’il disputera sa toute première Transat, il est de ceux qui pourraient bien bouleverser la hiérarchie des ténors du circuit. " J’aime bien mon statut de trublion ! Je suis quelqu’un qui n’est pas toujours prévisible sur l’eau. J’aime garder mon feeling et du coup je n’assiste pas forcément à tous les entraînements. Il y a une part de moi que mes concurrents ne connaissent pas et ça me plait bien. J’ai des réglages différents et une manière de naviguer bien à moi. Tout le monde peut créer la surprise sur cette course. Il faut certes savoir faire avancer le bateau mais avec une bonne base technique, il peut effectivement vite y avoir des surprises ", analyse le Brestois. Il faudra donc l'avoir à l'œil sur " ce parcours où ça va attaquer de tous les côtés ", juge de son côté Eric Drouglazet ("Luisina Desing"), vainqueur en titre du Trophée BPE. C'est une certitude, le jeu s’annonce très ouvert. Car comme l’exprime le benjamin de la course, le Britannique James Bird ("GFI Group") - bizut de la Classe Figaro tout comme Thierry Duprey du Vorsent ("Domaine du Mont d'Arbois") - , " il y a, beaucoup d’inconnues. Sur un parcours de 3 436 milles, certains vont forcément faire des erreurs, d’autres forcément se révéler … "

Derniers préparatifs pour les 27 skippers du Trophée BPE

A trois jours du départ, les dernières heures sont bien remplies pour les 27 solitaires engagés sur le Trophée Banque Privée Européenne. Avant de se retrouver seuls en mer, les skippers enchaînent les rendez-vous à terre.

Ce matin, avait lieu le " briefing sécurité ". Un des moments clé d’avant course. Ce briefing, obligatoire, permet à tous les marins de réviser une nouvelle fois les gestes " qui sauvent ". Des gestes essentiels qui sont revus dans le détail. L’organisation est revenue, entre autre, sur la mise en œuvre des balises de détresse comme sur les moments importants d’un hélitreuillage.

Virginie Durand, responsable des courses et des aventures pour la société Argos, a rappelé le fonctionnement de sa célèbre balise. Mais surtout, elle a présenté sa nouvelle balise MAR YI. Cette balise Irridium, embarquée à bord des 27 Figaro, transmet une position toutes les quinze minutes.

Enfin, pour conclure de manière efficace ce briefing " sécu ", les pilotes de l’aéronavale, - de la " 24 F " pour les Falcon 50 et de la " 32 F " pour les Super Frelon - , sont venus commenter les films réalisés lors de la récupération et de l’hélitreuillage d’Armel Le Cleac’h, et Damian Foxall, " Foncia " et des frères Yvan et Steve Ravussin " Orange ", qui avaient chavirés durant la Transat Jacques Vabre 2005.

Dernière piqûre de rappel, l’aéronavale a effectué une démonstration d’hélitreuillage devant le port du Palais.

Alain Bujeaud, le responsable de la jauge, a profité du rendez-vous pour confirmer que la plupart des contrôles avaient été effectués avec succès. Seuls quelques voiles, les containers de survie et les pharmacies restent encore à passer en revue.

Un prologue musclé annoncé !

Demain, à 14h00, aura lieu le prologue du 4eme Trophée BPE. Le " tour de chauffe ", de cette transat en solitaire s’annonce musclé pour les Figaro. Louis Bodin, le météorologue de la course annonce " Un vent de secteur Nord, 15 à 25 noeuds l'après-midi avec quelques éclaircies entre les averses. "

Le comité de course, présidé par Bernard Duval envisage deux parcours côtiers le long de Belle-Île. Des parcours qui font la part belle au spectacle. Le premier, dit de " mauvais temps " est long de huit milles et part vers Sauzon, le long de la côte, avec une bouée de dégagement mouillée devant le port du Palais.

Le second, de " beau temps ", long de 16 milles, envoie la flotte virer la bouée cardinale Est " Les Galères ", située à la pointe de Kerdonis, avant de revenir devant le Palais, puis de continuer vers Sauzon.

Le prologue pratique : 7h30 – 8h30, sortie des bateaux pour le Prologue ; 14h00, départ du Prologue.