Ponctuelle, la flottille a largué les amarres peu après 7 h 30 et quitté Morgat, encore plongé dans une légère brume, quasiment dans l’anonymat. Mer d’huile et vent faible, la navigation s’annonçait longue, quand une petite brise de 10-12 nœuds s’est finalement levée.

Stéphane Coraboeuf, Olivier Hervoche, puis Erwann le Guilloux, les trois planchistes du jour, ont démarré la navigation avec la voile de 9,80 m. Puis à l’approche du Raz de Sein, peu après 10 heures, Raphaëla, qui avait à cœur de le passer avec son flotteur, et parce que la navigation y était délicate, a repris les commandes. Portée par un léger flux de Nord d’une dizaine de nœuds, et un courant favorable, elle s’est laissée glisser entre le continent et l’île de Sein qui se devinait au loin….

« J’ai commencé à naviguer à hauteur de l’ilôt de Tévenec et de l’alignement des deux célèbres phares, la Vieille et la Jument. C’était magnifique et extrêmement émouvant de passer à cet endroit, rempli d’histoires de mer tragiques, avec des conditions aussi clémentes. On navigue avec humilité et respect, en se disant que l’on a beaucoup de chances de bénéficier de bonnes conditions. J’étais aussi très concentrée parce que je savais que je n’avais pas le droit à l’erreur. Il n’était pas question de tomber… » nous raconte Raphaëla. Le Raz de Sein avalé, le vent a rechuté. Et le « Cap Sizun », le vieux gréement d’Audierne et les premiers bateaux de plaisance, venus à la rencontre de Raphaëla, ont commencé à pointer leur étrave au milieu des eaux turquoises. Puis sont arrivés les kayakistes, les Optimist et quelques catamarans de plage. Une jolie flotte multicolore.

Maëlle Guyodo, la quatrième planchiste invitée, a tenté vainement de tirer quelques bords. Puis après une courte pause à Sainte-Evette, pour attendre la marée montante, Raphaëla, s’est de nouveau glissée dans sa combinaison et a repris sa voile pour rentrer dans le chenal d’Audierne, précédée par Randy le dauphin, un habitué du port, probablement séduit par les sensuelles courbes sous-marines de Mahi-Mahi. Sur les quais, de part et d’autre du chenal, des badauds étaient venus applaudir la planchiste. Une arrivée comme Raphaëla les aime. « Pleine de chaleur et de solidarité des gens de mer. Un vrai bel accueil ! ».

Aujourd’hui, pas de navigation, cette journée était essentiellement réservée à la sécurité. En effet, le Raz de Sein est un endroit magnifique mais dangereux par mauvais temps. Il fallait donc prévoir d’ajuster en fonction de la météo. Celle-ci étant excellente, la journée de stop est consacrée aux rencontres. Raphaëla présentera son film « Dialogue avec la mer » aux scolaires d’Audierne à 10 h 30 ce matin, puis à 18 h 30 au grand public au cinéma le Goyen. Elle reprendra la mer demain vendredi matin pour rallier Penmarc’h (près du Guilvinec) en début d’après-midi.