Lors de ces deux matchs disputés dans 10 à 14 nœuds de vent, les ACC ont pris des départs équilibrés, les Kiwis toujours placés à droite de leur concurrent. Mais en dépit d’une bascule du vent à droite, c’est Alinghi qui passe en tête la première marque au vent, avec 20 secondes d’avance. Avec Ed Baird à la barre, l’équipage du Defender creuse encore l’écart de quelques secondes sous spi, avant que les deux bateaux n’arrêtent la course pour prendre un deuxième départ. Dans cette deuxième manche, les Néo-zélandais mènent d’abord la danse et finissent par enrouler la bouée au vent 10 secondes devant l’équipage suisse. Ils conservent cet écart au portant tandis qu’Alinghi enroule la bouée de droite et bénéficie d’une belle bascule de ce côté du parcours. Au premier croisement, les Kiwis n’arrivent pas à passer et virent sous le vent de leur adversaire… le match sera arrêté à ce stade…



On peut s’interroger sur les raisons qui ont poussé Dean Barker et ses hommes à se comparer au détenteur de la Coupe. D’autant qu’on ne sait jamais vraiment sous quel jour se présentent les adversaires dans de telles circonstances : les équipes jouent-elles à fond le jeu de la régate ou simulent-elles ? Aujourd’hui, sur l’eau, le Defender arborait dans sa grand-voile le numéro 64, soit une voile qui serait issue de son ancienne garde-robe de 2003 ou au mieux de 2004, ce qui semble somme toute peu probable… Quoi qu’il en soit, ces deux duels s’inscrivent dans la logique de préparation du syndicat de la Société Nautique de Genève qui ne demande pas mieux que de tester ses rivaux potentiels à moins d’un mois du Match.



Il y a quelques jours, peu après les demi-finales de la Louis Vuitton Cup, Yann Gouniot, régleur de grand-voile chez Alinghi, faisait le point sur les activités de son équipe. « On continue nos régates d’entraînement le plus intensément possible pour se mettre un maximum de pression. Les gens pensent que nous sommes super sereins, mais de notre côté, nous voulons nous mettre sous pression pour être prêts. Nous savons qu’il faut continuer à beaucoup travailler car le niveau des challengers est monté pendant la Louis Vuitton Cup. Depuis les Round Robins, nous avons redémarré les régates internes pour élever le niveau de l’équipage. Nous faisons beaucoup de pré-départs, nous travaillons des exercices spécifiques de match racing, les ‘drill’, nous créons des situations pour nous habituer à réagir. Nous avons navigué en moyenne quatre jours par semaine et nous continuons à faire 1h30 de sport par jour. Ces régates entre nous sont très disputées. Parfois, c’est même assez chaud, il y a eu des contacts, des pénalités… depuis les demi-finales, nous profitons de l’organisation sportive et des arbitres, nous faisons des débriefings avec eux… En ce qui concerne les navigants, les équipages tournent en permanence sur les deux bateaux. C’est vrai qu’il y a de la compétition entre nous, qu’on a tous envie d’être sur le bateau qui va courir, mais notre objectif est avant tout que l’équipe gagne. »



D’après Yann Gouniot, l’équipage définitif serait toujours en cours de sélection tandis que le barreur ne serait annoncé que 48 heures avant le Match...



Quant à ses pronostics pour la finale : « au niveau des départs, Spithill a l’air très affûté. En tactique également. On aurait tendance à dire que Prada a pris un certain ascendant après les demi-finales. Ils doivent avoir un fort esprit de victoire et il est possible que ce soit dur pour Emirates Team New Zealand. Cela dit, je vois bien une finale en 5-3 ou en 5-4. De notre côté, nous nous préparons à affronter ces deux équipes. On les étudie déjà de très près. Nous savons que ce sera difficile quel que soit le vainqueur des challengers. »

Source & photos: ACM