Solitaire Afflelou: Après Crosshaven; Brest
Par tOm, lundi 6 août 2007 :: Voile :: #653 :: rss
La physionomie de ce deuxième acte qui emmènera les 50 protagonistes de la Solitaire Affelou le Figaro de Crosshaven à Brest, n’aura pas grand chose à voir avec l’étape précédente. Après avoir consacré tout leur art à la navigation au grès des courants et des bascules de vent, nos figaristes vont devoir faire parler les chevaux. Ces 344 milles de course vers les côtes françaises, via le Fastnet, feront en effet la part belle à la conduite et la vitesse. Départ à midi.

C’est reparti pour un tour. Lundi à l’heure du ‘fish and chips’, les solitaires remettent le couvert. Le plateau est cette fois au grand complet et va s’élancer sur un parcours de 344 milles qui promet d’être rapide. Le départ sera donné lundi à midi à la sortie de la baie de Crosshaven et après un parcours côtier de 10 milles, en guise d’au revoir à la verte (et humide) Irlande, les Figaro Bénéteau seront lâchés en direction du phare du Fastnet, à laisser à bâbord.
Cette première portion de parcours, longue de 63 milles environ, devrait se disputer au près dans un vent de traîne d’ouest-nord-ouest de 10 à 15 nœuds, fraîchissant à mesure que les bateaux approcheront du phare mythique. Il ne faudra pas se rater dans ce premier louvoyage sous les côtes sud de l’Irlande. Car les plus prompts au Fastnet seront aussi les premiers à envoyer le spi et à entamer une cavalcade de plus de 200 milles vers la pointe de la Bretagne.
« Les premiers au Fastnet seront peut-être les premiers à Brest » pressent Jacques Caraës, le directeur de course. Avec 20 à 25 nœuds dans les voiles (voire plus sous les grains) pour traverser la mer celtique, le rythme sera élevé avant de décélérer progressivement. En même temps, le vent va basculer à droite sous l’influence d’un anticyclone …un ou plusieurs empannages sont à prévoir.
A fond sous spi avant les pièges du goulet
Dans ce long run au portant, l’expérience et la conduite vont primer sur le flair. Il faudra être bon à la manœuvre, coriace à la barre et accessoirement ne pas casser, avant de souffler un peu à l’approche de Ouessant. Mais pas pour longtemps. Car une fois n’est pas coutume, le plus délicat viendra en fin de parcours. Le goulet de Brest poussera les coureurs dans leurs retranchements. Dans ces 10 deniers milles jusqu’au franchissement de la ligne d’arrivée, le vent du nord sera perturbé par le relief et baissera largement en intensité. Les ‘sangliers’ devront dès lors se métamorphoser en rusés renards.
« Le goulet de Brest est ultra spécifique, il faut pratiquement voir ça comme un lac. C’est à dire un plan d’eau presque fermé avec du relief autour. Ce n’est pas parce que tu es mal placé à Pen Hir (dernière marque de parcours avant l’arrivée) que tu ne peux pas gagner » commente Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs), 5e au classement général. Les deux entrées possibles (sud ou nord) pour pénétrer dans le fameux goulet font déjà débat et l’on pourrait s’acheminer, mercredi prochain, vers une ultime bataille navale en rade de Brest.
Cette étape, à priori plus technique que tactique, offrira un terrain de jeu idéal pour les vieux loups de la classe dont certains espèrent bien se refaire une santé. C’est le cas de Gildas Morvan (Cercle Vert), 22e à 58 minutes du leader, dont l’ambition est de « rattraper 40 minutes ». Même objectif pour Eric Drouglazet (Luisina) : «dans la situation où je me trouve maintenant (30e à 1h12 de Frédéric Duthil), j’ai tout à gagner… Je vais essayer de naviguer proprement et de creuser à la régulière. Si je peux ramener 30 minutes et me mettre en position d’attaque pour la troisième étape, ce sera bien ».
Il n’est pas le seul dans ce cas. Gérald Véniard (Scutum), Pietro d’Ali (Kappa) et quelques autres ont aussi du temps à gagner. Aucun de ces poursuivants n’aura cependant le champ libre. Car les leaders du classement et sont tous très bons lorsqu’il s’agit de faire marcher leur bateau dans un vent soutenu.
Une seule chose est certaine : les 50 marins ont une belle navigation devant les étraves et se réjouissent déjà de ces longues glissades sous spi.











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